Saviez-vous qu’en remplaçant le plastique on multiplierait par trois les émissions de gaz à effet de serre et on dépenserait deux fois plus d’énergie par an?

Ces chiffres qui font froid dans le dos ont été présentés à Madrid, au cours de la Conférence des Nations Unies sur les changements climatiques (COP25). Le porte-parole de la plateforme EsPlásticos, Ignacio Marco, a mis l’accent sur les frais climatiques qu’entraînerait l’élimination du plastique dans le monde entier : « On dépenserait deux fois plus d’énergie par an (2 250 millions GJ face aux 1 010 millions actuels), on émettrait trois fois plus de gaz à effet de serre (97,4 millions de tonnes face aux 36,6 millions actuels) et on multiplierait par quatre (3,6) la consommation de matière (66 millions de tonnes face aux 18,4 millions actuels) pour les mêmes produits ».

Dans une note de presse diffusée par EsPlásticos et relayée par de nombreux médias, la plateforme a lancé un appel sur l’importance du plastique dans la lutte contre le changement climatique, en mettant en valeur le rôle du plastique de longue durée. D’autre part, la plateforme avertit que même si le débat social nécessaire sur les résidus abandonnés s’est concentré à remplacer une matière par une autre, il n’a pas abordé l’impact de cette stratégie sur le changement climatique et n’a pas non plus mis l’accent sur la source du problème : le traitement des résidus à l’échelle mondiale.

Le porte-parole de EsPlásticos a rappelé que « les emballages alimentaires sont des mécanismes de protection sophistiqués face aux maladies, qui prolongent la durée de vie des produits, ce qui représente 50 % de d’émissions de CO2 et de méthane en moins en évitant le gaspillage alimentaire ».

La plateforme a insisté sur le fait qu’aborder un problème de résidus de façon incorrecte peut nous mener vers un problème plus important encore sans résoudre la question des déchets marins. EsPlásticos cherche principalement à ouvrir un débat scientifique sur les résultats et le coût climatique de certains substituts au plastique proposés.


Emballages : en plastique, en fer, en verre ou en brik ?

L’ingénieur industriel et porte-parole de la plateforme Luis Cediel a montré que « lorsqu’on compare un emballage en plastique avec un emballage fait d’une autre matière, on remarque facilement que le premier est plus léger et consomme donc moins de ressources, d’énergie et produit moins d’émissions. » Cediel a fait une réflexion sur ces alternatives et a averti, par exemple, sur le fait que changer une bouteille en plastique pour un emballage comme le brik -simplement parce que cela ressemble à du carton- produit plus d’émissions et « complique fortement le recyclage, étant donné qu’il comporte de l’aluminium et du plastique ».

Le porte-parole a rappelé que les alternatives telles que le fer-blanc « demandent un processus de recyclage qui dépense trop d’énergie, alors que le verre, même s’il est réutilisable, est plus fragile et moins sûr, qu’il consomme beaucoup d’énergie au cours de sa fabrication et de son transport – en raison de son poids – et doit être manipulé à 1 500 degrés contre les 300 du plastique ».

Bien plus que du jetable : du plastique longue durée contre le CO2

De son côté, José Antonio Costa, lui aussi porte-parole de la plateforme et diplômé en Physique Théorique, a mis en valeur la capacité novatrice et la contribution du plastique longue durée dans la lutte contre les émissions.

Costa a rappelé que « la plupart des plastiques ont une durée de vie qui va de 5 à 50 ans, et respectent les fonctions indispensables à la lutte contre le changement climatique comme l’isolement énergétique des maisons ou la technologie informatique ».

Le secteur du plastique regroupe environ 3 000 institutions et entreprises productrices, transformatrices et de recyclage, principalement des PMEs (98 %). Isabel Goyena, diplômée en Sciences Chimiques et porte-parole de la plateforme, a rappelé que l’Espagne recycle chaque année plus d’un million de tonnes de plastique, ce qui en fait le deuxième pays d’Europe qui recycle le plus de plastique. « La solution au problème des résidus doit passer par l’économie circulaire et la consommation responsable de tous les matériaux, par la prise de conscience et les systèmes de traitement des résidus à l’échelle mondiale, pas seulement par le changement d’une matière par une autre ».

Goyena a aussi indiqué que « la demande d’interdiction du plastique en faveur du climat est une contradiction en elle-même, en raison des économies effectuées au cours de son utilisation et de son recyclage ultérieur. Le problème des déchets marins est un problème d’éducation : lorsque ce qui aboutit dans la mer est une bouteille de verre ou une canette, la conscience ne devrait pas non plus être tranquille ».

 



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